Lundi 8 mai 2006
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« Dear Robin,
Tu trouveras ci-joint la première publication de la White Rabbit Press. La deuxième sera beaucoup plus belle.
Tu as raison je n'ai plus besoin de critiques de mes poèmes, pris individuellement. Pourtant j'en ai encore envie. Mais c'est probablement par habitude, par une très vieille habitude. A mi-chemin dans After lorca j'ai découvert que j'étais en train d'écrire un livre et non une suite de poèmes et n'importe quelle critique d'un poème pris isolément est devenue soudain moins importante. Cela est vrai aussi de ces Admonitions que je t'enverrai dès que j'aurai terminé (il y en déjà 8 et il y en aura sans doute 14, y compris bien entendu cette lettre).
L'astuce, naturellement, était celle que Duncan avait découverte il y a des années et a essayé de nous apprendre – ne pas rechercher la perfection d'un poème mais laisser sa manière d'écrire suivre au moment même son propre chemin, explorer ou reculer mais ne se réaliser (s'enfermer) jamais entre les frontières d'un seul poème. C'est sur ce point que nous avions tort et lui raison, même s'il compliquait pour nous les choses en disant qu'il n'y a pas de bonne ou de mauvaise poésie. C'est vrai – en ce qui concerne le poème pris isolément. Un poème isolé n'existe pas.
C'est pourquoi tout ce que j'ai écrit autrefois (à l'exception des Elegies et du Troilus) me paraît infect. Ces poèmes ne sont nulle part. Ce sont des haltes d'une nuit, pleines (au mieux) de leur propre émotion mais n'indiquant aucune direction et à peu près aussi privées de sens que l'amour dans un bain turc. Ce n'est pas ma colère qui s'est mise en travers de ma poésie mais le fait que j'ai considéré chaque moment de colère comme quelque chose d'unique – quelque chose qui était destiné à être converti en poésie comme on change des devises. J'ai appris ça dans les départements de littérature anglaise de l'université (et aussi dans le département de littérature anglaise de l'esprit – ce grand bourbier qui guette au fond de chacun de nous) et ça a anéanti dix ans de poésie. Lis mes autres poèmes. Admire-les si tu veux. Ils sont beaux et idiots. Les poèmes doivent se faire écho sans cesse les uns aux autres. Entrer en résonance. Ils ne vivent pas seuls mieux que nous.
N'envoie donc pas la boîte aux vieux poèmes à Don Allen. Brûle-la ou plutôt ouvre-la et pleurez Don et toi les livres enterrés en elle – les Songs against Apollo, la Gallery of gorgeous gods, les Drinking songs – livres incomplets, avortés, incomplets et avortés parce que j'ai cru comme tous les avorteurs que ce qui n'est pas parfait n'a pas de droit réel à l'existence. Les choses tiennent ensemble. Nous le savions – c'est le principe de la magie. Deux choses inconséquentes peuvent se combiner et devenir une conséquence. C'est vrai aussi des poèmes. Un poème ne doit jamais être jugé seul. Un poème n'existe jamais seul.
Cette lettre est la plus importante de toutes les lettres que tu aies jamais reçues.
Love
Jack. »
Lettre de Jack Spicer extraite de la préface à son Billy The Kid, éditions L'Odeur du temps, 2005, dans une traduction de Joseph Guglielmi accompagnée du texte original (+ disponible depuis peu, l'intégralité des livres de Spicer : C'est mon vocabulaire qui m'a fait ça, trad. Eric Suchère, Ed. Le bleu du ciel. Quelques extraits ici).
++
- Présentation de Billy the Kid, par Guillaume Fayard
- Autres extraits de la préface
- Extraits du texte (en pages 17 - 18 - 19 du pdf)
- Les livres de Jack Spicer - C'est mon vocabulaire qui m'a fait ça, présentation chez Sitaudis
- Lecture de Billy the kid sur Ubu (mp3)
- Lectures à Vancouver sur Pennsound
- Page sur Spicer et extraits
Par cel
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Vendredi 21 avril 2006
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Déplacement à blanc dans l’acte de départ (allait contre le désir de trace vers paradoxe le plus étroit)
(2) de l’accomplissement écrivain qui mis en faute mécaniquement et rien : le contraire d’un angle saillant, reconduit aux déplacements* ; de là où l’acte relève de la faute autant qu’il la blanchit, de notion d’emblée caduque à plus neuve à définir
*faute de satisfaction dans les reliefs de l’acte autant que de goût pour ces genres écriture essoufflée de l’être de vertige
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Lundi 3 avril 2006
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textes pour l’anormalité de l’homme (1)
son œuvre toujours parfaitement honnête la rêverie admet tous types de déplacements des états douloureux de les bras assouplis sommeil ou apparences statiques, veille de la parade aliénés aux énigmes attirantes alternés aux modes de la campagne. Une maladie, pour tout dire ambiante façons déplacement constant des chemins ; richesse recherchée dans l’écriture des chemins (alliée la découverte de signes directifs) - masque (à regret, mais) pour des transgressions neuves l’homme processionnaire, qui s’échappe en rejetant peinture vomie
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Mardi 28 mars 2006
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questions de modes de déplacements
échappées du coup (des études, grosses lignes, et des récits) par moments résurgences du réel figurées épousent enveloppées des traits d’un retour à l’esthétique facilité par l’usage des images les expériences de leurs réceptions des émergences intimes et attention aux définitions hâtives, à sa manière l’écriture témoigne que chaque feuille n’a l’efficacité que d’un mouvement risible/léger
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Jeudi 23 mars 2006
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tout l’océan dans un bouchon sans eau (l'effroi de la dépossession régit la création)
L'effroi de la dépossession affecte la création, écriture étirée est gageure mal soutenue, gageure mes facultés (en l'état). La route n’est plus présente comme paradoxe en l'état - colonne mal foutue au lyrisme raidi, l’écriture, toute l'esthétique en ces modes de dérèglement n'est pensable qu'en l’espèce de déplacements à vue : fixe - paralysé le garçonnet : « écarquille » (en manière de collet c’est une drogue à l’efficacité de tanks) – en troupes questions maintenues
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Mercredi 15 mars 2006
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Dans un souci de redistribution pour la sensibilité (Bout du bout en fin de honte) Condition, assujettie à l’hallucination pour écriture du lieu contemporain - expérimentation : « l’être des pénombres est mis en lumière, il offre ses appuis à la connaissance générale » - dans ces gouffres nouveaux se drogue des appuis à l’appui un sens fort - sens du monde : appui à l’impression : redistribution (de la sensibilité, rapport au monde de l’impression) Epigraphe actuelle à la connaissance morte : gouffres dédiés comme drogues = paradis sans le savoir ; ce siècle vit (l’expérience de l’échappatoire, le contraire d'un souci du bout ; d’aller vers fin de la honte condition de son hallucination permanente) --- Autant l’écriture pouvait être lieu d’expérimentation pour être des pénombres, fait d’aucune lumière et pour appuis au sens, le contraire d’une sensibilité en redistribution [; souci du bout d'un bout de fin (et d'aucune lumière) ; la honte la condition pour hallucination de l’écriture - lieu d’expérimentation : être des pénombres], la lumière en appuis est à la connaissance est comme drogue en appuis et à l’appui, du sens- quant à l’appui : appui du sens du monde (/et selon : appui sans impression : redistribution) Redistribution : phrases en redistribution pour la sensibilité Epigraphe à la connaissance vieille : « gouffres vous sont dédiés ». Environnantes drogues, le paradis littéraire d’un savoir pour ce siècle et l’expérience de l’échappatoire sont contraires à un souci du bout ; la fin de la honte est condition de l’hallucination permanente.Contrairement à reste que l'écriture serait lieu, expérimentation : « être comme pénombres contre », la lumière offre ses appuis (/du sens,) au monde de l'impression.
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Mardi 7 mars 2006
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Emergence ajournée à l’intersection des reportages
Enfers de vos démarches, les morts charrient et la descente, quel dégagement : béquilles et illusions, le livre, le sens, en vérité : expériences en place de perspective, des idéologies en sus, plus ou moins cohérence d’où l’imagination ne procède pas. Non avènement de récits, contes, une écriture de traditions. Toutes sortes de ce mot au delà de «voyages», vide de mise.
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Mardi 7 mars 2006
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parfums d'une vue en condition (du précepte suivre les lignes au pays de la méditation)
l'île ondule dans les plis de voyages attendus, besoin : contemplation baisée (et le passeport dérive, figure de rêverie), une vie enviable : vous barbare, débordant l'écriture - ce sentiment : que par formules appropriées propriétés de chose atteintes, poète : visiteur des mondes de l'être (étrangeté qui fit son temps décoratif)
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Vendredi 3 mars 2006
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21:35
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Aux passages de la contrainte la phrase redouble
Réponse : que de sa remise solution sorte (+ sujets de poèmes : > Du dégagement discret de l'être vient l'inertie de son aspect. > Le déplacement progressif des volumes est seul ouvrage visible de l'éloignement. > A la route muette la salle se rapporte, s'oppose - envisagée l'écriture) - y a sa vie nichée propre comme l'oeuvre dans l'oeuvre (ose-t-elle : appropriée) en de longues postures « ne sachant qu'édifier un destin » la difficulté d'être n'est plus perçue que peu (en toute section du texte)
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Jeudi 23 février 2006
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Quel sens au-dedans de l’être du dedans
- Le sens que prend ta recherche Mise au jour de la libération de la phrase relève par l'aspect obtenu bien des fois de cette contrainte du dedans même de l’écriture - dans ses lointains la difficulté de la route est bel et bien "l'œuvre de ton secret" : sujet-déplacement contre direction à choisir (pour "une" réponse) –> me semble évident que cette peinture si elle balaie quelques passages de solution voit le dégagement comme espace énorme - mais de vie remise ?
- A ce jour dans le sens 20 fois et via mise au secret par l’œuvre contrainte, le dégagement par libération de l’écriture est toujours espéré ;). Dans ses lointains la phrase se présente Solution d’aspect intense (post-recherche troublée) : si la réponse proposée au déplacement incessant est une direction reprise par la vie (certes bien consciente) sur peinture et écriture, les passages redondants (les lexicaux) créent un nouveau déplacement de l’espace perceptif (du ressenti comme du reconnu – vois-tu ?) - décidémment m'l'être toujours en difficulté
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