(exposition à la Fondation Cartier, jusqu'au 27 février)
Sont présentés 7 films de 5' chacun, tournés caméra à l'épaule dans des lieux de transit de grandes villes dans différents pays : gares, métros, passerelles qui les jouxtent.
Le sujet, si on veut le résumer, pourrait être une approche de l'humain à travers une manière sans guides, hésitante, par un regard oscillant sans cesse entre le flot et l'individu.
La présentation en 7 vidéoprojections simultannées invite le spectateur à accepter cette logique : la vue globale de la salle est celle du grouillement, du particulier quasi insaisissable. La vue d'un film à l'exclusion des autres fait ressortir des particularités, incite à l'attachement au détail et à l'individualisé, dans la limite de leurs fugacités. On est face, comme le réalisateur, à la possibilité de passer de l'un à l'autre.
Et si on peut s'y unir, c'est que l'on ressent bien cet égarement dans la manière de filmer de Depardon, ici. Caméra allumée sans coupures, oeil collé au viseur dans une vue globale au champ limité, et faisant avec - le parti-pris est d'un jeu avec l'aléa : recevant le passage d'une personne, l'attitude d'une autre ou le charme d'une jeune fille comme un possible sujet - toujours très momentanné -, captant des possibilités et les saisissant, dans une continuité qui écarte l'idée de différence entre intéressant et sans valeur. Un choix sur le vif, qui ne s'accorde pas de temps de réflexion, d'ailleurs pas vraiment ce qu'on pourrait appeler un choix, ni un tri, plutôt une aimantation temporaire, passante.
" En 1964, j'étais venu photographier les jeux Olympiques pour l'agence Dalmas. A la fin des épreuves, mon employeur m'avait demandé de rester pour constituer un fond d'archives sur le pays. Il voulait que je fasse des portraits. J'ai paniqué. Cela ne me posait pas de problème de prendre des sportifs, le pape ou les politiques : ils étaient là pour ça. Mais des inconnus dans la rue, c'est plus compliqué. J'ai dû me faire violence, me dire : "Tu n'as rien à te reprocher, n'aie pas peur des gens, ils ne vont pas te manger. Montre-les comme ils sont. "
Quarante ans après, cette appréhension ne m'a pas quitté. Je crois qu'on la ressent dans mes films. On devine derrière la caméra un gars timide qui n'ose pas trop déranger, et en même temps gonflé. "
Le geste de depardon est un mouvement relativement régulier, qui ne rompt pas avec l'idée de flux, bien qu'étant ponctué de quelques points d'attaches : parfois l'image se fige presque autour d'un couple ou d'une personne, que Depardon alors semble cadrer, isoler, retrouvant pour un instant une attitude de photographe avant de reprendre et se laisser reprendre par le défilement dans le plan élargi.
" Je prends souvent des photos de gens seuls, de dos. J'isole quelqu'un, et puis clac, j'appuie sur le déclencheur, c'est instinctif... "
Mouvement, accroche, mouvement, accroche, le réalisateur à choisi de s'exposer en train de faire - si ses sujets sont montrés sur le vif, sa manière l'est autant.
Bartlebooth vient de me faire découvrir le film Paris, ou Depardon fait du "en train de se faire" son sujet, non dans la forme (car appuyée sur un scénario très construit), mais dans le récit : un réalisateur filmé dans sa quête d'une personne - une jeune femme - dont il souhaite faire le portrait en documentaire, mais qui par souci de ne rien fermer au départ se voit incapable d'indiquer quoi que ce soit à l'assistante qu'il a chargée d'arrêter les passantes. Errant sans sujet choisi, dans des gares, dans une quête qu'il juge de l'ordre du mirage.
On sait que la manière de filmer habituelle de Depardon usait du retrait, qu'il se plaçait en écoutant attentif de son sujet, s'immiscant discrètement, intervenant peu en parole - un genre de documentaire loin des formes de démonstrations qui peuvent exister dans le métier. Maintenant d'une certaine manière il se met en avant, dans la manière, la présence forte de la pratique : geste et hésitation, égarement dans sa recherche, non décision préalable : une manière où l'acte de filmer ne se cache pas - on sent le porteur de caméra, Depardon qui cherche, Depardon intrigué, charmé, en quête. Ce qui me semble être d'autant plus important qu'il a du métier, sait élaborer, écouter, composer, traduire. Ici l'image n'a pas le soin habituel, c'est de la vidéo portative, sans même un pied. L'absence de moyens et de structures se présente alors, avec évidence, comme un choix. Pour faire face au mouvant, s'y frotter. Se voulant ouvert, refusant la prédominance d'une vue sur d'autres, Depardon fait son autoportrait en chercheur autant qu'il montre son sujet : la foule, ses éléments transitoirement palpables en tant qu'individus.
" Je suis toujours tenaillé par les remords, les regrets de ce que j'aurais pu faire. J'ai du mal à vivre le moment présent. Or la photo a une relation étrange avec le temps ; on y arrête quelque chose, comme si on avait peur de la mort. Mais, dans ces sept films, l'image en mouvement a été pour moi une étonnante jouissance du présent. En filmant, j'ai eu le sentiment de donner au spectateur un présent à vivre. "
L'ensemble des commentaires de Depardon dont j'ai extrait les quelques passages ci-dessus est à retrouver ici : >http://spectacles.telerama.fr/edito.asp?art_airs=M0411291049542&srub=1
Un miracle (1954, 1', muet) que sa courte durée m'interdit de résumer, franchement pré-Monty Python - période Flying Circus - dans l'humour et l'animation.
Une journée dans la ville (1955-56, 20', sonore), grouille de trouvailles visuelles : jouant sur la cadence, utilisant la répétition de séquences, le montage et le trucage image par image, le tout entrecoupé de séquences graphiques en animation, le film, passant par des scènes de poursuite dont certaines pourraient se situer entre Buster Keaton et Benny Hill (avec Jean Tinguely en flic), va graduellement vers un final pouissant, et drôle.
En plein dans le mille, je suis justement en train de finir L'Art Parodic d'Arnaud Labelle-Rojoux (Ed. Zulma).
L'exposition Depardon à la fondation Cartier ferme le 27 et vaut vraiment qu'on s'y attarde (ce que je ferai probablement ici demain)
[ catégorie : zéro battant ]
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Sortir de la zone, atteindre, fréquenter enfin, arbitrairement guidé par la cueillette, une de ces stations reposantes. Corridor sobre et vide, silencieux quon observe, et méditatif |
[ catégorie : zéro battant ]
| Trous cahots variant sur la nature des pistes l’attention fixée évite les fautes courantes C’est menue discipline Troublée essentiellement par quelques parasites quelques instants la pompe du langage ne s’enraye tout à fait Tension maintenue j’observe qu’est constamment discontinué l’éclat par la relâche Les buttes dis-je se surmontent d’un phare bref qu’elles déjouent Ascendant à peine perceptible soudain promu Réel supérieur Du culminant rien n’est durable faut suivre lunettes ajustées aux sueurs qu’on ne maîtrise plus Elles s’accumulent localement Le Point du Vélo qu’elles irritent reste fameux de les concentrer J’inspire Agacée suis beaucoup m’agite tâte Les mouvances entrecoupées jusqu’ici mêlaient un voile Vocal Nuageux Délicatement incompréhensible Hors de ma nonchalance j’entends maintenant la direction Une octo-barre à utiliser comme point de mire |
[ catégorie : zéro battant ]
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[ catégorie : zéro battant ]
allez
petites doses
toutes les heures coulent. élimination :
semblant urines, par tubule
qui rejette gagne, sécoule intègreEt peu dinterférences courant cette excrétion
. transformation :
à ce quelle frôle, sajoute
en toute façon, telluriqueEt la moitié dun rein la dirige, incubée
assure fonction denceinte, cycle de filtrationce quon disait administration,
. fluctue
: ce quon disait barrière,
ce quon disait voulues régulatrices :
: ce quon disait voulues régulatrices infiltréessans exception sécoule
suit le terrain le ronge,
crée des concentrations
. propres en ses paramètres, modifie le tableau.
maintenant, quon appréhende :. démesuré
nous échappe le sinueux cortex, adulte déjà
quimaginions alluvionnaireil pavillone mature, évolutif encore
. se taille
rend visible mouvant
se change :en plus ou moins femme-femme
- si cannivale fuyante, si insondable canale
. et ainsi imagé il répand sans exclure
[ catégorie : zéro battant ]
| - Les segments sont des robinets - Les sièges, soupapes - Pas dorifice : tout - devant, autour - est obstrué. - Essentiellement vous êtes confronté - Vous êtes tournant comme un taquet : contraint, mouvant, à bref - Aviez empoché du papier. Trop Trop souvent empoché sont conséquentes les pertes : statistiquement un morceau par usage toutefois qui reste approprié - Acquis, après rodage, direz « maintenant ça roule, plus de calamine » « file comme lhuile - libre, luisante » « trace un peu, ne se dépose pas » « vous revêt - cest une, cest un . Qui vous enduit, vous, votre puissance gaz » . Car, sans rire, toujours et totalement en compression, voilà qui vous résume et, avec la netteté sèche dun moteur, vous exprime en particules desquelles on peut affirmer quelles (Odorantes / De potée échappées / En quelques points mouvant / Dans ces côtes où lon peine) distribuent constamment : carbone - il sévapore on sessouffle doù nous incite au repos. où lon pressent pouvoir confortable sinscrire dans une gravure démodée |
[ catégorie : zéro battant ]
| Historiquement peu de brillant, hors de magnificence les thèmes choisis pour création. On ne parle pas de temple, plus proche du visionnement de panneaux quon est. Dailleurs - pas loin de nêtre que sommaire lindex couvre la largeur des pages - sur plusieurs réunies se distribue notre collection Des bas optés, sous-dossiers pour personne professionnelle (si sculpteur cocher autre ; où se place ; quel) - ici limage fabrique du texte - et plusieurs fois ensemble en fenêtres non béantes, par 145 sans craindre de ressasser, voici que lon reprend Cest un art en longueur ; la lumière retenue trop obsédante est négligée ; le klaxon se fera soulagement final |
[ catégorie : zéro battant ]
| Une combinaison de caractère discret, elle typique arrange le climat aux systèmes, pour prévenir, connus : bâtiment, galerie sont alternés ; régulièrement utile, en partie pour chauffage, le mur qui, en sapin, voit son calepinage nous évoquer léchelle. Calcaire, on gravit, mais cest de brique quon reste, un programme élaboré en atelier. 145 éléments le composent pas moins, mitigeant tout à trac cuivre qui canalise et poutres matérielles - et méthodiques, soutenant un art mince. On se bâche dune couvertine, plastiquement cest peu dire. Prends le lieu-cube ; effectue dedans ce quil te faut de coupes enfin et soigneusement, vite comme tu peux, dégénère toute maçonnerie. |



