Mardi 22 février 2005

(exposition à la Fondation Cartier, jusqu'au 27 février)

Sont présentés 7 films de 5' chacun, tournés caméra à l'épaule dans des lieux de transit de grandes villes dans différents pays : gares, métros, passerelles qui les jouxtent.
Le sujet, si on veut le résumer, pourrait être une approche de l'humain à travers une manière sans guides, hésitante, par un regard oscillant sans cesse entre le flot et l'individu.
La présentation en 7 vidéoprojections simultannées invite le spectateur à accepter cette logique : la vue globale de la salle est celle du grouillement, du particulier quasi insaisissable. La vue d'un film à l'exclusion des autres fait ressortir des particularités, incite à l'attachement au détail et à l'individualisé, dans la limite de leurs fugacités. On est face, comme le réalisateur, à la possibilité de passer de l'un à l'autre.
Et si on peut s'y unir, c'est que l'on ressent bien cet égarement dans la manière de filmer de Depardon, ici. Caméra allumée sans coupures, oeil collé au viseur dans une vue globale au champ limité, et faisant avec - le parti-pris est d'un jeu avec l'aléa : recevant le passage d'une personne, l'attitude d'une autre ou le charme d'une jeune fille comme un possible sujet - toujours très momentanné -, captant des possibilités et les saisissant, dans une continuité qui écarte l'idée de différence entre intéressant et sans valeur. Un choix sur le vif, qui ne s'accorde pas de temps de réflexion, d'ailleurs pas vraiment ce qu'on pourrait appeler un choix, ni un tri, plutôt une aimantation temporaire, passante.

"   En 1964, j'étais venu photographier les jeux Olympiques pour l'agence Dalmas. A la fin des épreuves, mon employeur m'avait demandé de rester pour constituer un fond d'archives sur le pays. Il voulait que je fasse des portraits. J'ai paniqué. Cela ne me posait pas de problème de prendre des sportifs, le pape ou les politiques : ils étaient là pour ça. Mais des inconnus dans la rue, c'est plus compliqué. J'ai dû me faire violence, me dire : "Tu n'as rien à te reprocher, n'aie pas peur des gens, ils ne vont pas te manger. Montre-les comme ils sont.  "

Quarante ans après, cette appréhension ne m'a pas quitté. Je crois qu'on la ressent dans mes films. On devine derrière la caméra un gars timide qui n'ose pas trop déranger, et en même temps gonflé.   "

Le geste de depardon est un mouvement relativement régulier, qui ne rompt pas avec l'idée de flux, bien qu'étant ponctué de quelques points d'attaches : parfois l'image se fige presque autour d'un couple ou d'une personne, que Depardon alors semble cadrer, isoler, retrouvant pour un instant une attitude de photographe avant de reprendre et se laisser reprendre par le défilement dans le plan élargi. 

"   Je prends souvent des photos de gens seuls, de dos. J'isole quelqu'un, et puis clac, j'appuie sur le déclencheur, c'est instinctif...   "

Mouvement, accroche, mouvement, accroche, le réalisateur à choisi de s'exposer en train de faire - si ses sujets sont montrés sur le vif, sa manière l'est autant.
Bartlebooth vient de me faire découvrir le film Paris, ou Depardon fait du "en train de se faire" son sujet, non dans la forme (car appuyée sur un scénario très construit), mais dans le récit : un réalisateur filmé dans sa quête d'une personne - une jeune femme - dont il souhaite faire le portrait en documentaire, mais qui par souci de ne rien fermer au départ se voit incapable d'indiquer quoi que ce soit à l'assistante qu'il a chargée d'arrêter les passantes. Errant sans sujet choisi, dans des gares, dans une quête qu'il juge de l'ordre du mirage.

On sait que la manière de filmer habituelle de Depardon usait du retrait, qu'il se plaçait en écoutant attentif de son sujet, s'immiscant discrètement, intervenant peu en parole - un genre de documentaire loin des formes de démonstrations qui peuvent exister dans le métier. Maintenant d'une certaine manière il se met en avant, dans la manière, la présence forte de la pratique : geste et hésitation, égarement dans sa recherche, non décision préalable : une manière où l'acte de filmer ne se cache pas - on sent le porteur de caméra, Depardon qui cherche, Depardon intrigué, charmé, en quête. Ce qui me semble être d'autant plus important qu'il a du métier, sait élaborer, écouter, composer, traduire. Ici l'image n'a pas le soin habituel, c'est de la vidéo portative, sans même un pied. L'absence de moyens et de structures se présente alors, avec évidence, comme un choix. Pour faire face au mouvant, s'y frotter. Se voulant ouvert, refusant la prédominance d'une vue sur d'autres, Depardon fait son autoportrait en chercheur autant qu'il montre son sujet : la foule, ses éléments transitoirement palpables en tant qu'individus.

"   Je suis toujours tenaillé par les remords, les regrets de ce que j'aurais pu faire. J'ai du mal à vivre le moment présent. Or la photo a une relation étrange avec le temps ; on y arrête quelque chose, comme si on avait peur de la mort. Mais, dans ces sept films, l'image en mouvement a été pour moi une étonnante jouissance du présent. En filmant, j'ai eu le sentiment de donner au spectateur un présent à vivre.   "

L'ensemble des commentaires de Depardon dont j'ai extrait les quelques passages ci-dessus est à retrouver ici : >http://spectacles.telerama.fr/edito.asp?art_airs=M0411291049542&srub=1

Samedi 19 février 2005
Modernité Modernitet, au centre culturel suédois, présentant une sélection d'oeuvres d'artistes suédois - dont Öyvind Fahlström et Eric Dietman -  issues des collections de Beaubourg. J'étais alléchée, dans mon intérêt pour le travail de Fahlström, à l'idée que pour l'occasion on aurait peut-être sorti des trésors des caves. Malheureusement non, mais les trois pièces présentées sont dignes d'être revues, celles de Dietman tout autant. La surprise se trouvait au premier étage, dans deux film de Pontus Hulten en coréalisation (Le premier avec Robert Breer, le deuxième avec Hans Nordenström) :
Un miracle (1954, 1', muet) que sa courte durée m'interdit de résumer, franchement pré-Monty Python - période Flying Circus - dans l'humour et l'animation.
Une journée dans la ville (1955-56, 20', sonore), grouille de trouvailles visuelles : jouant sur la cadence, utilisant la répétition de séquences, le montage et le trucage image par image, le tout entrecoupé de séquences graphiques en animation, le film, passant par des scènes de poursuite dont certaines pourraient se situer entre Buster Keaton et Benny Hill (avec Jean Tinguely en flic), va graduellement vers un final pouissant, et drôle.
En plein dans le mille, je suis justement en train de finir L'Art Parodic d'Arnaud Labelle-Rojoux (Ed. Zulma).
L'exposition Depardon à la fondation Cartier ferme le 27 et vaut vraiment qu'on s'y attarde (ce que je ferai probablement ici demain)
Mardi 15 février 2005

[ catégorie : zéro battant ]

     Sortir de la zone, atteindre, fréquenter enfin, arbitrairement guidé par la cueillette, une de ces stations reposantes. Corridor sobre et vide, silencieux qu’on observe, et méditatif
- caractéristiques des endroits écartés, toutes se retrouvent ici, ambiantes
et renforcées si l’on pivote. Décider donc de pivoter
     S’en tenant à ce simple rapport, d’insonore et peu fréquenté, une douzaine de plateformes semblables existeraient, accessibles (de voie, de rue) voilées aux usagers de l’environnement haut à circulation dense.
     Étroits quartiers, exclus - on l’a dit - d’une visibilité passante. Et parce que statiques, du réseau qui ne cesse d’être mouvant - Toutefois enregistrés au secteur. Sous-répertoriés : espace inusité ; envisagé aménageable ; espace à diviser. Potentiellement : intersections -
     Celui extrait, on le décide îlot (en présumant des intempéries propres : marqué un peu, plus que ce qui l’entoure - d’où l’autobus bleu nickel se signale, presque bas perçu du niveau de ces abris, et seul différencié des éléments lointains)

Lundi 14 février 2005

[ catégorie : de façade ]


Jeudi 10 février 2005

[ catégorie : zéro battant ]

Trous cahots variant sur la nature des pistes l’attention fixée évite les fautes courantes C’est menue discipline Troublée essentiellement par quelques parasites quelques instants la pompe du langage ne s’enraye tout à fait Tension maintenue  j’observe qu’est constamment discontinué l’éclat par la relâche Les buttes dis-je se surmontent d’un phare bref qu’elles déjouent Ascendant à peine perceptible soudain promu Réel supérieur  Du culminant rien n’est durable faut suivre lunettes ajustées aux sueurs qu’on ne maîtrise plus Elles s’accumulent localement Le Point du Vélo qu’elles irritent reste fameux de les concentrer J’inspire Agacée suis beaucoup m’agite tâte Les mouvances entrecoupées jusqu’ici mêlaient un voile Vocal Nuageux Délicatement incompréhensible Hors de ma nonchalance j’entends maintenant la direction  Une octo-barre à utiliser comme point de mire

 

 

Mercredi 9 février 2005

[ catégorie : zéro battant ]

 


        Quelques efforts,


penser : les trémies réchaufferont au-delà

et tenir compte : de la place comme presque vierge ; de l’argument de distancier -

                   
J’ai hypermarché
                                                   se dira
                                                                      Sur ce sol j’ai posé prise

                               
(*emprise : exagéré :  pavé rue pelouses – ce sur quoi l’on glisse)

 
                  

  La fonction locale est fantomatique, guetter profit serait l’enclore 
                                                      (- et quoi dessous couvercle ?)

             

, une vocation reste fantasmée, mastique. D’évoluer en mastodonte  
                     - sur le bâtiment   
                       sur le chagrin cheminé, urbanisé que l’on emprunte   

  

Toujours et contre quoi le projet offre, en l’espace d’une peau, une infra-passerelle

: dans les aménagements cette allée s’immisce,
inclut -  et  foule, - non uniquement la platitude

 


 

Lundi 7 février 2005

[ catégorie : zéro battant ]



allez
petites doses
toutes les heures coulent

. élimination  :  
               semblant urines, par tubule
               qui rejette gagne, s’écoule intègre

Et peu d’interférences courant cette excrétion


               .
transformation : 
                              à ce qu’elle frôle, s’ajoute
                              en toute façon,  tellurique

Et la moitié d’un rein la dirige, incubée
assure fonction d’enceinte, cycle de filtration


.
fluctue
 : ce qu’on disait  barrière, 
   ce qu’on disait  administration,
   ce qu’on disait  voulues régulatrices :
  : ce qu’on disait voulues régulatrices   infiltrées

     sans exception s’écoule
                    suit  le terrain  le ronge, 
                    crée des concentrations

. propres en ses paramètres, modifie le tableau.



maintenant
, qu’on appréhende :

. démesuré

nous échappe le sinueux cortex,  adulte déjà
                          qu’imaginions alluvionnaire

il pavillone mature, évolutif encore
                                   . se taille
                                   rend visible mouvant
                                   se change :

               en plus ou moins femme-femme
- si cannivale fuyante, si insondable canale


.
et ainsi imagé il répand sans exclure

Dimanche 6 février 2005

[ catégorie : zéro battant ]

- Les segments sont des robinets
- Les sièges, soupapes
- Pas d’orifice  :  tout - devant, autour - est obstrué.
- Essentiellement vous êtes confronté
- Vous êtes tournant comme un taquet  :  contraint, mouvant, à bref
- Aviez empoché du papier. Trop
                Trop souvent empoché
                sont conséquentes les pertes :  statistiquement un morceau par usage
                toutefois qui reste approprié

- Acquis, après rodage, direz
                                        « maintenant ça     roule, plus de calamine » 
                                               «…                          file comme l’huile - libre, luisante »
                                                      «…                          trace un peu, ne se dépose pas »
                                                             «…                          vous revêt - c’est une, c’est un
. Qui vous enduit, vous, votre puissance                                                                             gaz »
. Car, sans rire, toujours et totalement en compression, voilà qui vous résume
                                                             et, avec la netteté sèche d’un moteur, vous exprime en particules
                                                                                         desquelles on peut affirmer qu’elles
               (Odorantes / De potée échappées / En quelques points mouvant / Dans ces côtes où l’on peine)
                                                                                         distribuent constamment  :  carbone -
                                                                                             il s’évapore on s’essouffle
                                                                                         d’où nous incite au repos. 
                                                                                      où l’on pressent pouvoir confortable
                                                                                   s’inscrire dans une gravure démodée


Vendredi 4 février 2005

[ catégorie : zéro battant ]

Historiquement peu de brillant, hors de magnificence les thèmes choisis pour création.
On ne parle pas de temple, plus proche du visionnement de panneaux qu’on est.
D’ailleurs
- pas loin de n’être que sommaire l’index couvre la largeur des pages
- sur plusieurs réunies se distribue notre collection
Des bas optés, sous-dossiers pour personne professionnelle
(si sculpteur cocher autre ; où se place ; quel)
- ici l’image fabrique du texte - et
plusieurs fois ensemble en fenêtres non béantes, par 145 sans craindre de ressasser, voici que l’on reprend
        C’est un art en longueur ; la lumière retenue trop obsédante est négligée ; le klaxon se fera soulagement final

Jeudi 3 février 2005

[ catégorie : zéro battant ]

     Une combinaison de caractère discret,
elle typique arrange le climat aux systèmes, pour prévenir, connus
: bâtiment, galerie sont alternés
; régulièrement utile, en partie pour chauffage, le mur qui,  en sapin, voit son calepinage nous évoquer l’échelle.
     Calcaire, on gravit, mais c’est de brique qu’on reste, un programme élaboré en atelier. 145 éléments le composent pas moins, mitigeant tout à trac cuivre qui canalise et poutres matérielles - et méthodiques, soutenant un art mince.
On se bâche d’une couvertine,  plastiquement c’est peu dire.

Prends le lieu-cube ; effectue dedans ce qu’il te faut de coupes
enfin et soigneusement, vite comme tu peux, dégénère toute maçonnerie.

 

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