Samedi 17 juin 2006


" Le ciel devint violet. Le ciel devient violet : tout s’assombrit
et se rapetisse. Il y a comme un refermement, le vent
tourne plus court et les chants des oiseaux ont baissé d’
un cran tout de suite. Tu sens bien quand c’est,
mais c’est perdu dès que sentu. – Les chants de plus
en plus – lacunaires des oiseaux s’écrasent, dans les haies, les
fourrés. Sous les – caches de feuilles sèches. Plus personne ne peut
garder même une image mentale de ce qui, même une impression
véritable une « marque », de ce qui – s’en va et s’
était déjà en allé. Violâtres, violacés, les dieux de la nuit
se dressent accroupis – sont-ce nos dieux – sous l’orbe violet
de la soirée (*). Il sont violet foncé, ils se tiennent comme
des formes violettes dans le noir, dont on ne peut savoir
d’abord s’il s’agit de creux ou de bosses ;
immobiles et taciturnes sont-ils, mais il faut pénétrer leur monde.
Il y a, Patine-d’Enclume et Lourde-TSF-Grillée-Bien-
Carrée. Il y a Encolure-De-La-Grande-Limace-Orangée,
et : Le-Géotrupe-Vous-Jette-Distraitement-Un-Bonsoir. – Les Sombres-Créatures-
Qui-Voient-Depuis-La-Rue-Sombre-Les-Hommes-Braillards-Derrière-Les-
Vitres-Illuminées-Du-Café. Y a La-Mortaise-Manquante et à
l’autre bout de l’horizon, après toute la galaxie vue
en se faisant grincer la nuque, les orbes lourds, allons-y,
nos yeux globuleux vont parcourir tout cet espace dans la nuit ;
allons-y pour le grincement/ discal des cervicales ; et puis allons- 
y pour la crise de béri-béri : Grand-Mère-La-Poutre-À-
La-Mortaise-En-Moins. – Y a il : Le-Seau-Plein-D’
Eau-Perse-Avec-Une-Wassingue-Lovée-D’dans. – Et La-Taupe-Saignante-
Qui-Nous-Humecte-Le-Sein-De-La-Terre. Y a il :
Une-Vertèbre-De-Vache, et /Un-Objet-Nécessairement-Post-Concilaire-Non-
Identifié (ONPCNI) y a il Le-Fion (jamais on n’a
vu plus qu’un pan, de sa casaque : toujours s’esquiver,
jamais s’esquisser : c’est là et ça ne l’est
tout de suite plus) (ça disparaît sans être jamais apparu). (*) La
soirée – c’est un euphémisme en quelque sorte, il s’agit
en fait ne, de rien moins – que de l’Unique Éternelle
et Vraiment Grande, Soirée… qui fait une pente de l’Univers
tout entier. Comme la nuit s’était bien avancée on entendit
une musique : ballade épique de Bagrawat avec cithare jantar (Bhopa) Inde-
Rajasthan : Musiciens professionnels populaires, Socora Radio-France : C 580044 HM A
D D. Du coup, Enclume envoya une gerbe d’étincelles et
un son long, retenu, ou plutôt juste tenu, tenu juste à
la bonne hauteur, juste avec la force qu’il faut, bien ;
une force retenue, un son très pur, cavatine nue, toute seule ;
oui d’une pureté, un fa mineur : le principe de la
nudité. Comme quand une vierge vous est amenée et on la
fait monter sur une table pour se déshabiller elle doit se
dépouiller, dégoupiller, se dégobiller, et une suée terrible, elle doit se
montrer toute ; tous ses orifices tremblants en béent au lieu de
se rétracter ; eh bien ce qu’il y a de plus
nu, dans la nudité, n’est même pas que c’est
la pureté qui se trouve dressée toute nue ; ça n’est
pas même que cette beauté soit si déchirante non plus : mais
qu’une ait été choisie, distinguée… Oui, le principe de la
nudité, c’est cette solitude sacrificielle au milieu de tous les
gros yeux. / Alors l’œil vert de TSF s’est allumé.
Il y a eu un grésillement incroyablement bref, plaqué. Et Limace 
a eu un reflet d’or gras et un « schmack » - or
rouge et schmack gras, là (à un endroit). Puis les mandibules
de Géotrupe se sont dressées au-dessus de toute le Terre comme
des bois de cerf et il y a eu un brame où
tous nous toutes les foules, reconnûmes, du plus abruti des nains –
au plus haut génie, bizarrement, paradoxalement quand même le son même
de la concavité… Sombres-Créatures sur ce ont glapi, avec des jets
de phosphore ou de fluor par les coins des yeux des
traits, des tracés de fluor ou phosphore, quelque chose de ce
genre et alors – alors Mortaise ici et là frappée d’une
folle ubiquité, disons même mieux : d’une ubiquité panique -, partout tâchait
de se visser, comme un index sur une tempe, Mortaise a
cherché son trou. /Loin ailleurs, bien visible, Poutre passait train dans
la neige, épée dans son fourreau (vagina), avec une lenteur précise ;
au millimètre près, avec une lenteur exacerbée. – Vous ne pouvez pas
comprendre, ne vous pouvez pas / comprendre, proclamait la foule subjugée : Un
pavois pour moi ! un pavois pour moi ! criaient les plus détraqués ;
ou qu’au moins on présente ma tête sur un plat, 
à bout de bras… Il viendra un Héros, le fils de
la Nuit Éternelle et d’un ancien jour, et on va
l’appeler Bistre, et, voyez, c’est moi : qu’on tranche
mon cou pour le plat, le pavois ; je suis le fils
de la Mère Nuit et d’un jour de dans le
temps, insistait-il… Mais absolument personne ne l’écoutait. / Alors le
Seau passa, tintinnabule, luisant comme un mufle de bête de brume.
Il luisait, tintinnabulait, d’un gros son flasque, à cause de
son eau trouble et de sa lourde wassingue, et Sombres-Créatures, qui
étaient assises accroupies, là toutes noires dans le noir à part
leurs tracés de fluor, phosphore, elle l’injurient. Le traitent de
d’imbibé. /Il eut comme un sanglot de honte, un hoquet
de gros chagrin. « Et pourtant je passe et j’annonce – passe
et repasse, disant que quelque chose est en passe d’arriver. –
Et pauvre sot ! » qu’elles lui reclaquent, et toute la foule énorme
des hommes, tout ce concours d’êtres pullulant debout sur la
rotondité de la Terre, - même ceux qui étaient aux antipodes des
autres, tous mystéri.eusement voyaient les choses dans le même ciel : tout
le grouillement humain a ri, et chacun (a ri) ; et tout
aussitôt tous – et chacun – d’être écrasé par la honte d’
avoir ri. Cette honte. / Taupe grimpait, plaquée à la paroi du
ciel. On voyait son ventre frissonner, et ses mains en caoutchouc
qui s’accrochaient. De temps en temps elle les secouait comme
de dégoût, mais plutôt comme de dépit. « Et j’y pige
que dalle, j’y pige que dalle, qu’est-ce que
c’est que toute cette foutue verticalité ? » Vertèbre, se manifestant, dit :
« Je préfigure le soleil à naître. – Et moi je suis le
pape Jean 24 », ricana un imbécile / du mont d’hommes. ONPCNI,
oyant cela se tut comme il allait parler. Jeta à droite,
à gauche un regard de bête traquée, sous d’épais sourcils,
et se glissa sous la foule, avec une rare subtilité (au
sens de vitesse). Fion, grimpé sur un tertre, tâtait le ciel
fébrilement. Il tâtait, après il flairait le bout de ses doigts.
« Bon Dieu qu’il couine ! – mais c’est une muqueuse rectale ! »
Et il en paraissait convaincu. /Un grommellement nombreux accueillit cette stupide
révélation. Quelques voix se transformèrent en grosses araignées. Elle couraient sur
les têtes, aimées de tous. Quelques bras avaient jailli de la
masse, brandissant des torches électriques ; on tâchait de se rendre compte
- si c’était vrai que le ciel était une muqueuse, si
la chose était avérée et… comment, il pouvait se faire qu’
elle pût être possible… L’unanimité paraissait sur le point de
frémir, de décider et d’édicter… Mais un éboueur grosse voix,
un homme avec une grosse visière sur les yeux : « C’est
‘core eul Fion qu’il a raison. – TA GUEULE, EH, COUILLON ! »
répondit comme une rumeur, comme une mer, la bonne mer, la
Terre entière. " (…)
P. 17 à 22

Extrait du Chant 1 de Hölderlin au mirador, poème en vers hendéconymes d'Ivar Ch'Vavar, ed. Le Corridor Bleu, 2004.

Sur Ch'vavar, on peut trouver par exemple un gros article dans la Nouvelle Revue Moderne ; une présentation, une adresse pour s'abonner à L'Enfance, des commentaires à lire aussi, sur Pleutil - une autre adresse d'abonnement ici, c'est à 300 mètres ; des choses chez Remue.

Sur Cadavre Grand m'a raconté, et autour, on passera par SILO, Nathalie Quintane chez Sitaudis, Mauricette qui relaie sur le cnc, et aussi chez Remue, et encore dans la Nouvelle revue Moderne.

Ecrit en fumant du belge sur Zazieweb 
Chez Insanne : Ch'Vavar chante son oncle Schmitt (et le présente)

Lundi 5 juin 2006

Comment se la retourner contre elle quand on se sait coucou bon pour l’institution («la sienne contre la mienne «oh l'égarement»)

contre l'affadie (qui contre la nouveauté ?)
qui à chaque fois flanquée de récupération d'un vivre
(tension d'elle contre d'abord l'inventer)
est en secret salement une-une
contre les CONTEMPORAINS «la voici contre ses idoles»  d'elle (- à l’ordre du jour «on la met contre ses propres dents, Ensemble»)
---
- Esprits longtemps dilués dans le siècle pour reparaître et plus amènes dès lors que se concevant comme "de critique". Qui reprennent par exemple les schémas de l'antiquité (épure majuscule pour fort tempérament) y allient création pour la gloire et polémique pour sa défense, l'immédiateté de bon aloi pour s'affirmer transhistoriques (à tort), à plaidoyer pour un "hostile ouvert" - Faux-romantiques semi-indépendants modèle d'une grande aisance pour vous servir et d'une
élégance, éthique mais sans excès, s'expriment ; qui esquissent malgré belle volonté de mesure et de retenue les traits - c'est une approche, (l'élan, l'essor), le goût pour une approche, (l'attrait, l'élan) - caractéristiques de la courbe mal prise, quoique correctement soutenue par colonne ironique et deux petits palais (de part et d'autre) - heureuse.

Les tirant de dessous d'assises inflexibles, aux noirs et gris-dorés des soubassements du temple, l'illustre poète français né d'avant-guerre qui avait constamment, avec beaucoup de passion et de radicalité, lutté pour la popularité de son revirement de la langue, confia à la fin de sa vie, peu de temps avant sa mort, l'intégralité de ses archives - servir - puisque paraît que n'y avait plus ni romantisme, ni classicisme, que ne voulait point d’une modernité coupée du passé, avait opté pour un dérapage moderne à la. con. recherche duquel il se situe encore, précisémment au terme de sa pente stérile, enfin rompu à ces emmerdemments.
---
- Ils :
l'avaient déjà roquée contre un empire
- celle de contre les dents quand qu'elle eut bien fait «éclater le noyau» [- puisqu'il s'agit ici le plus souvent de la faire, elle-même, contre elle-seule. Contre cet intégrisme de l'assujetissement -] bon, ils : semblent maintenant avoir
perdu confiance en son avenir  : soutiennent que sa vitalité s'eff face
contre les préjugés qui prétendent é -
riger en un de goût divin - «qui se fait ?» - qui tu sais
---
ALORS,
comment ENCORE se la tourner contre elle ? ne contruser que la sienne propre ?
- comme si de l'appuyer fortement contre et la retirer vivement, en avant  ! (contre notre époque où elles toutes sont méprisées au profit de), de la nécessité restreinte (Vivre : sa tension contre ce constitué - son point placé haut contre les See also: DENTS ;
de dessus du menton, dents supérieures – VIVRE ,)
, cette tension ce stress  – suffisait.
---
 ; contre ce :
se demander... s'il s'agit vraiment... de «la» défendre
[contre une attaque extérieure ou contre l'«ennemi» bien connu d'elle (ah ah... quand bien même celle-ci contre une autre)] – ou bien...  d'«étendre les échanges»  :
...
- la nôtre la commune contre le ras de marée ;
- elle contre ce palais, comme pour répondre à : «elle contre son palais» («comme il est d'usage
la raccommoderons
chacun contre son palais en se reposant bien
dans l'engourdissement produit») ;
- elle-propre contre la-toute-contre (de-mes-idoles), et contre les idoles des pistolets un cahier et la sienne bien calés entre les dents, la langue, mais aussi contre celle-là qui se dit «justifier l'écriture dans une certaine note contre» ;
- sa propre contre une telle (jouer au dedans d'elle contre les victoires et les conquêtes)
- ...
---

---
ici «- ne pas le croire la retrouver comme à son origine ! (contre sa dénaturation par de l'abstraction de l'abstraction du raisonnement le rythme que celle-ci marquait contre)»

Et les ombres froides
Fortement de contre le palais
Prestement se retirent et regagnent la leur-
Propre, et toujours vivement contre -
Dans un tout petit souci d'un seul petit bruit d'elle

---
Nous à un bruit d'elle contre la porte on, se retournant vivement
presto la colle à soi pour la soigneusement
collant, la protéger contre le père et
[qui faisait claquer la sienne contre, qu'il avait eue contre des pistolets]
---
 douces frictions, de toute contre elle se détache enfin
 elle, contre les images vagues,. contre. le. Frambroyant, contre les souvenirs emprironnés

joue
t-elle contre la langue partagée (communauté, toujours toujours tension d'elle contre)
---
(mmm)mais
, la douceur de la sienne contre, mmm mais
mais en la re en la replaquant contre
fondent la sévérité de la nôtre et presque toutes les intentions théoriques «et d’abord en inventer une qui soit à nous*»
(- et qu'il conviendra de soigneusement brotéger
gontre les infruences les commodités
et chacune, contre ses pré-admissions pré-déterminations
- son usage : contre ces intimidations)

* contre les académismes, du ca–ca–o : se la faire bruyamment claquer avec

 

 
 

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