[ catégorie : itinéraire-étalon ]
P01 : rue de Buffon (maison) :
S01 : Buffon vers Lieu de santé S / Lieu de santé vers Buffon N :
P02 : angle O rue du Lieu de santé /rue de Buffon :
P03 : angle rue de Buffon /avenue Gustave Flaubert N-O :
P04 : angle rue de Buffon /avenue Gustave Flaubert S-O :
P05 : angle rue de Carville /rue de Buffon N-O (gravure d'Al'1) :
S02 : Carville vers Contrat social S / Contrat social vers Carville N :
P06 : angle rue de Buffon /rue du Contrat social S-E :
P07 : rue Le Nostre N :
P08 : rue Le Nostre S :
P09 : boulevard des Belges O :
P10 : boulevard des Belges E :
P11 : rue de Fontenelle O :
P12 : rue de Fontenelle angle E rue Racine :
P13 : rue Racine N :
P14 : rue du Vieux palais E :
P15 : rue du Vieux palais O :
P16 : place du Vieux marché S (distributeur) :
S03 : Vieux marché S vers G. le conquérant / G. le conquérant vers Vieux marché S :
P17 : rue Guillaume le conquérant N :
P18 : rue des Béguines E :
P19 : rue des Béguines O :
P20 : angle rue Bons-enfants /rue de Fontenelle S-E :
S04 : Bons-enfants/Fontenelle S-E vers N-O / Fontenelle/Bons-enfants N-O vers S-E :
P21 : angle rue Fontenelle /rue des Bons-enfants N-O :
P22 : rue Jean Lecanuet :
S05 : Jean Lecanuet vers place Cauchoise /place Cauchoise vers Jean Lecanuet :
P23 : place Cauchoise :
P24 : impasse du Renard E :
P25 : impasse du Renard O :
P26 : rue Stanislas Girardin N :
P27 : Stanislas Girardin S :
P28 : rue de Buffon (maison) :
P/point ; S/segment
[ catégorie : art, expos ]
" Presque tout le monde est d'accord sur l'art des années soixante-dix. Il est diversifié, éclaté, divisé en clans. Contrairement à l'art des décennies précédentes, son énergie ne semble pas emprunter un seul canal qu'on pourrait dénoter d'un terme synthétique : expressionnisme abstrait ou minimalisme. Au mépris de la notion d'effort collectif qui opère sous l'idée même de "mouvement" artistique, l'art des années soixante-dix est fier de sa propre dispersion. "Art du post-mouvement" est le terme qui lui a été le plus récemment appliqué. Nous sommes invités à considérer une multitude de possibilités dans la liste qu'il faut à présent utiliser pour circonscrire l'art du présent : vidéo, performances, body-art, art conceptuel, réalisme photographique en peinture - avec son pendant hyperréaliste en sculpture -, story-art, sculpture abstraite monumentale (earthworks), et peinture abstraite caractérisée maintenant non par la rigueur mais par un éclectisme délibéré. C'est comme si, dans cette nécessité d'une liste ou d'une chaîne proliférante de termes, se dessinait une image de liberté personnelle, une image des multiples options maintenant ouvertes au choix ou à la volonté de chacun, toutes choses auparavant fermées par la notion restrictive de style historique.
Critiques et praticiens de l'art récent ont tous serré les rangs autour de ce "pluralisme" des années 1970. Mais que faut-il penser de cette notion de multiplicité ? Il est indéniable que les différents membres de la liste ne se ressemblent pas. S'ils ont une unité, ce n'est pas sur l'axe de la notion traditionnelle de "style". Mais l'absence d'un style collectif est-elle le gage d'une différence réelle ? N'y a-t-il pas quelque chose d'autre dont tous ces termes seraient des manifestations possibles ? Tous ces "individus" séparés n'avancent-ils pas en fait au même pas, mais sur un registre autre que celui du "style" ? "
Rosalind Krauss (Notes sur l'index, 1985, in L'Originalité de l'avant-garde et autres mythes modernistes, Ed. Macula, 1993)
[ catégorie : lectures ]

De la lecture du dernier livre de Philippe Vasset, Carte muette (Fayard), indiquée et conseillée à plusieurs reprises - merci Bartlebooth et Berlol -, je n'aurais que de bonnes choses à dire mais je ne pense pas m'y étendre, ayant projeté aujourd'hui (aujourd'hui est déjà bien avancé) de terminer une note commencée voilà dix jours sur Auguste Herbin, de régler les lumières et chromies des photos de l'itinéraire-étalon, pourquoi pas de faire un étant donné ou un zéro battant ainsi que, dans la foulée, m'occuper des dernières images de fenêtres prises hier soir sur les boulevards proches de chez moi. Il n'y a à peine quelques jours que j'ai débuté cette série et le hasard - décidémment toujours objectif dans mon cas - me fait, dans le Vasset, noter un passage dont la proximité de ce qu'il évoque et de mon projet ne peut que m'encourager (la proximité du nom de Perec, également)
" igor@truck.net et luc@igc.fr semblent, comme nous, préférer au confort du cadastre, à la ville familière comme sa propre odeur, l'inhabitable, "l'hostile, le gris, l'anonyme, le laid" (Georges Perec, Espèces d'espaces).
Et aussi le transparent, le surveillé, le contrôlé, les judas, les caméras, le digicodes et les larges baies vitrées équarquillées, la nuit, sur l'intérieur des appartements. "
Il est difficile de rendre sur une si courte citation les changements de typographie qui font corps dans le récit avec l'alternance des modes de narration. Il m'est difficile de parler rapidement du livre de Vasset, sauf à simplement le conseiller. Et donner de manière découpée quelques petites impressions de la richesse que laisse cette lecture. Je vais plutôt arrêter là de patauger, on en parle ici, ailleurs également, pour plus il n'y a qu'à chercher, et il y a surtout à le lire.
J'ai ouvert hier soir (et jusqu'à sa moitié) Exemplaire de démonstration, du même auteur, où je retrouve avec curiosité et plaisir la géo(logico)poésie du langage de Vasset.
[ catégorie : art, expos ]
" Comment ne pas admettre alors que le style est un simple effet ? Effet d'une attitude qu'elle soit mentale ou passionnelle, effet d'une morale, effet d'une stratégie en regard d'une situation sociale ou artistique présente. En dehors de cette ligne de tir, le style entrevu dans son strict résultat plastique apparaît comme une donnée vertueuse, une vérité révélée, un ordre dont nous ne saurions bousculer l'impérieuse logique. En l'admettant comme effet d'un comportement, il nous faut affronter les causes, remuer quelques stratégies plus ou moins honorables, faire naître à la vue le spectre des petites faiblesses qui nourrissent loyalement les appétits carriéristes, mais aussi affronter les chemins où s'aventurent les pensées créatrices qui donnent plus d'importance aux pressentiments qu'aux engagements théoriques et vis-à-vis desquelles le hasard temporise et s'oriente. "
Anne Tronche, Le Style scelle l'homme (in Opus International, N°81, Le Style, 1981)
[ catégorie : art, expos ]

Auguste Herbin, Dessin préparatoire pour une peinture
" Je nai jamais été à laise pour parler dune manière abstraite, théorique, de mon travail ; même si ce que je produis semble venir dun programme depuis longtemps élaboré, dun projet de longue date, je crois plutôt trouver - et prouver - mon mouvement en marchant : de la succession de mes livres naît pour moi le sentiment, parfois réconfortant, parfois inconfortable (parce que cest toujours suspendu à un livre à venir", à un inachevé désignant lindicible vers quoi tend désespérément le désir décrire), quils parcourent un chemin, balisent un espace, jalonnent un itinéraire tâtonnant, décrivent point par point les étapes dune recherche dont je ne saurais dire le pourquoi mais seulement le comment : je sens confusément que les livres que jai écrits sinscrivent, prennent leur sens dans une image globale que je me fais de la littérature, mais il me semble que je ne pourrai jamais saisir précisément cette image, quelle est pour moi un au-delà de lécriture, un pourquoi jécris auquel je ne peux répondre quen écrivant, différant sans cesse linstant même où, cessant décrire, cette image deviendrait visible, comme un puzzle inexorablement achevé. "En introduction à ces quelques notes dépareillées de recherches et de lectures sur le style (etc.), j'avais envie de citer ce passage de Perec, pour le tâtonnement.
Georges Perec, Penser-Classer
Je suis tombée dernièrement, chez mon bouquiniste, sur un numéro de 1981 de la revue Opus international dont le dossier principal est consacré à cela justement, au style. Le premier article approche le mot par son indéfinition, jouant de et avec l'étymologie pour nous le rendre moins cernable encore, aboutissant à l'idée du style comme "rapport du corps à l'autre et à la matière" (citation approximative). En matière, justement, d'introduction, cette réflexion ouverte remplit bien son rôle.
L'article suivant s'en tient à une définition volontairement plus limitée du mot, cantonnée à une acceptation plus usuelle dans le champ des arts plastiques. J'y trouve des réflexions qui ressemblent aux miennes, le style n'étant pas vu comme une nécessité préalable à la création, surtout mis en regard de l'opportunisme à suivre les modes dictées par les avant-gardes (texte de 1981, il faut le rappeler) ou par un classicisme de bon ton (le style alors étant autant critiqué quand il est trop mouvant par opportunisme que trop figé parce que calqué sur une pratique validée par une époque ou un "clan" - en 1981, les deux reviennent presque au même, la pratique de l'avant-gardisme à tout crin étant alors des mieux acceptées).

Auguste Herbin, Vendredi I, 1951
À la recherche forcenée de l'obtention d'un style (pour signature ou démarquation), l'auteur de l'article oppose le tâtonnement : au moins comme mise à l'épreuve, au moins comme nécessaire "avant style". C'est à ce titre qu'elle parle d'un peintre, Auguste Herbin (1882-1960), que je ne connaissais pas. Les quelques phrases par lesquelles elle présente son oeuvre, ainsi que la reproduction en noir et blanc présentée, qui utilise le genre de l'abstraction géométrique tout en se nommant Vache, éveillent ma curiosité. Je cite le passage qui m'a interpellée :
" En remontant un peu plus loin dans le temps, Herbin nous donne lexemple dun artiste ayant parfaitement habité son rêve au point de lui donner des prolongements stratégiques. Au début de son aventure picturale, ses hésitations maintes fois répétées entre labstraction et la figuration, nous le montrent en proie au doute et ne pouvant quexprimer les brouillons dun style à naître. En 1926, lorsquil opère un retour définitif vers labstraction géométrique, il est habité par une certitude : la présence dans la nature dun chiffre secret que le règne de la raison scientifique peut tenter de capter et que la peinture peut exprimer à défaut de comprendre. Avec lalphabet plastique, il va synthétiser son rêve : trouver une correspondance entre les couleurs, les formes géométriques dune part, les voyelles et les consonnes dautre part. Adopter le langage écrit comme il va le faire pour construire des variations de formes et de couleurs, cest accepter de soumettre les intuitions intimes, qui ont leurs mécanismes mentaux et leurs structures personnelles, aux limites de la langue commune. Luvre dHerbin, attentive à définir sa « propre science », est le résultat dun pensée obstinée, tout entière engagée à saisir ses propres vertiges. Elle est également caractéristique de cette interrogation non structurée qui agite certains créateurs au départ de leur aventure. On dirait que, très tôt, certains dentre eux éprouvent le besoin de trouver une réponse à une question quils ont le plus grand mal à formuler et qui pourtant les agite. Tant quils ne peuvent donner à leur écriture le sens dune destinée à accomplir, ils demeurent dans une attitude hésitante, dans des errements de parcours qui sont plus intéressants quil ny parait. En eux, sexprime un projet inavoué, ne pouvant trouver sa forme quavec le temps. "
Anne Tronche, Le Style scelle l'homme (in Opus International, N°81, Le Style)
Je n'ai trouvé que peu d'informations sur l'Alphabet plastique d'Herbin, et malheureusement rien concernant le "chiffre secret", sauf une allusion dans un texte qu'une traduction automatique trop approximative ne me permet pas d'exploiter avec certitudes.
Toutefois quelques éléments de son alphabet, pour les lettres du mot Matin, trouvés sur un site bien détaillé consacré à Herbin, à regarder avec le tableau Matin II, éclairent un peu sa démarche :

Augutes Herbin, Matin II, 1952
- M : jaune de baryte ; forme triangulaire ; sonorité mi.Quelques autres informations sur sa méthode : le titre de l'oeuvre est chez lui toujours un précédent à la réalisation, ce sont ses composants, les lettres, qui définissent parmi les éléments de son répertoire alphabétique ceux dont il fera usage. Herbin utilise ensuite exclusivement ces formes choisies arbitrairement, mais s'autorise leur répétition.
- A : rose. Cette couleur résultant de l'action des quatre forces éthériques, le rose s'accompagnera d'une forme résultant de la combinaison des formes sphérique, triangulaire, hémisphérique et quadrangulaire. Correspondance musicale : do, ré, mi, fa, sol, la, si.
- T : bleu foncé violet ; combinaison des formes hémisphériques et quadrangulaire ; la, sol, si.
- I : orangé, combinaison des formes sphérique et triangulaire ; sonorité ré.
- N : blanc ; s'accompagne de toutes les formes sonorité : do, ré, mi, fa, sol, la, si.
Si une caractéristique du travail d'Herbin est la méthode appliquée à la lettre, la constitution de son alphabet n'a d'arbitraire que son parti-pris subjectif : Herbin se base sur une approche des formes et de la couleur par leur perception émotive, influencé en cela par les théories de la couleur de Goethe plus que par celles des purs physiciens (ce qui, l'écartant de beaucoup d'exploitations d'harmonies "préconçues", le démarque aussi de l'approche de la couleur par un courant comme l'Impressionnisme ou par le Bauhaus).
Son oeuvre en prend un tour encore plus curieux : on peut avoir tendance à s'attendre à ce qu'un abstrait géométrique s'appuie - ou même fonde ses recherches - sur les théories les plus "froides", les moins subjectives. On voit bien que ce n'est pas son propos, qu'il importait que ce vocabulaire formel lui soit approprié en tant que créateur, importance allant au delà des possibilités combinatoires du système.
Il s'agit donc d'un vocabulaire personnel, mais à visée non hermétique : Herbin lui même a édité ses théories (L'art non figuratif, non objectif, 1949). L'exposé de sa méthode est dès lors proche d'un mode d'emploi (dans le sens d'orientation de lecture), tout en n'excluant pas qu'une approche purement intuitive puisse exister pour la perception de ses toiles - on a vu que l'utilisation de ce vocabulaire gardait une certaine permissivité, notamment par la répétition autorisée - et les recherches que menait Herbin visaient, pour chaque oeuvre (conçue comme un ensemble cherchant sa cohérence) à l'obtention d'une harmonie, et souvent des plus osées :

Auguste Herbin, Pluie (1956), et Accent
[À rapprocher de toutes les utilisations de systèmes combinatoires à vue de création, à rapprocher de l'OuLiPo, et noter l'influence de Bach (Herbin composait par exemple tous ses portraits avec les lettres du nom de la personne représentée). Je vais finir par ouvrir une catégorie "création à contrainte" sur ce blog...]
[ catégorie : itinéraire-étalon ]
Le parcours suivi pour la troisième fois, j'ai repris toutes les photos, tourné à nouveau les séquences sur les segments de rue. À première vue, deux ou trois choses à noter :
Les photos semblent convenir, quelques unes méritent des réglages de lumière, voire, mais pour peu d'entre elles, d'être reprises - j'en jugerai après retouches.
J'ai introduit des commentaires dans les séquences vidéos (indications du lieu et de l'orientation, précisions sur des bruits de fond etc.), et enregistré les interpellations de curieux et les discussions qui s'en sont suivies. Si dans les deux cas ces voix instillent plus de "vie" aux images (qui ne sont qu'un enchainement de plans fixes et de rotations, suivies à leur tour de nouveaux plan fixes), les interventions de passants en forcent le caractère documentaire, amènent un côté "film sur le film" ("mais alors c'est quoi ce que vous faites, vous travaillez pas pour la mairie ?", et moi d'expliquer en bande-son la teneur du projet). Ce n'est pas inintéressant en soi, mais nous tire hors du rapport simple aux surfaces et distances que je voulais mettre en avant - sachant que ces images sont aussi le support d'un texte (en cours d'écriture).
Je décide donc pour cette série-là de m'en tenir à ma seule voix donnant les indications, accompagnée du fond sonore des lieux où je passe (qui dans certains cas anime l'espace de manière indéniable, et dans d'autres marque au contraire par sa discrétion). Je verrai plus tard pour faire quelque chose de ces interviews et réactions imprévues de promeneurs (on s'est croisé place du Vieux Marché avec Bartlebooth, mais ça c'était loin d'être imprévisible), je n'ai pas envie que dans l'enthousiasme de pouvoir enfin filmer et enregistrer, mon projet prenne des airs de fourre-tout.
Pour la même raison j'ai décidé de scinder le projet en deux :
- une partie photos et texte (avec peut être des montages photos pour les segments de rue - faut voir), en utilisant le parcours actuel
- une partie filmée, que je tournerai sur un autre itinéraire et à laquelle j'ajouterai peut-être (en plus ou à la place des commentaires directs) un texte lu en voix off.
Autre point pour la vidéo, une heure après avoir fini le parcours et suite au visionnage des photos, je suis ressortie pour reprendre celles que je jugeais insuffisamment exposées et filmer à nouveau les séquences correspondantes. En regardant ensuite la totalité de la bande j'ai noté une différence de rythme importante entre ces dernières prises et les précedentes : les rotations sont faites dans les deux cas assez rapidement, mais dans le second la durée des images fixes est moindre, et mon commentaire parlé, mieux enchaîné (je commençais à avoir de l'entrainement), parfois en chevauchement, fait une bonne transition des unes aux autres. Noté pour la prochaine fois, privilégier ce rythme relativement rapide, qui fluidifie un peu la succession des plans.
Sans rien à voir avec les itinéraires-étalons, j'ai décidé de me lancer dans une petite série de photos festives : à partir d'aujourd'hui je photographierai chaque sapin mis aux ordures que je croiserai. Et hop, les deux premiers :


[ catégorie : itinéraire-étalon ]

Suite à plusieurs séjours dans différentes poches, il devenait urgent que je scanne le plan du parcours sur lequel je travaille avant qu'il ne se déteriore trop. J'en profite pour le mettre ici et expliquer rapidement la méthode appliquée :
j'ai défini le diamètre du cercle rouge (l'itinéraire-étalon) en fonction des deux extrémités du déplacement que j'avais à faire (maison-distributeur). La forme circulaire est à rapprocher de l'idée de circulation périphérique évoquée dans la description de l'appel à candidature dont je parlais ici. Il va de soi que cet itinéraire-étalon pourrait (et pourra) prendre d'autres formes (dans une version précédente j'appliquais de la même manière le plan de cheminement d'une l'exposition à laquelle j'allais participer) - c'est la contrainte que cette forme amène dans le déplacement qui m'intéresse.
Le tracé mauve montre le parcours réellement effectué, qui suit au plus près le cheminement du cercle tout en tenant compte de la distribution des rues, et des possibilités de passage.
Des photos des façades sont faites à chaque intersection du cercle-étalon avec l'itinéraire emprunté.
Les photos de segments de rues (qui dans mon dernier essai ont été remplacées par de courtes séquences filmées) sont prises quand le cercle-étalon et mon parcours se chevauchent sur une distance plus importante que la largeur de la rue.
Il ne s'agit évidemment pas dans ce projet de me rendre par la voie la plus courte d'un point à un autre, mais de provoquer une déambulation par le tracé arbitraire du cercle plaqué sur le plan de ville (la tête trop chargée de petits soucis "techniques", je parlerai de ça de manière détaillée plus tard).
Je ne sais pas si ce document - le plan - intégrera la réalisation finale.
Un petit rapprochement fait durant la lecture hier soir d'un article de Rosalind Krauss (Notes sur l'index, in L'Originalité de l'avant-garde et autres mythes modernistes, Ed. Macula, 1993), dans lequel elle note un recoupement qui lui semble essentiel entre toutes sortes de productions artistiques du domaine des arts plastiques des années soixante-dix : l'importance de l'index, qu'elle définie ainsi :
" A la différence des symboles, les index établissent leur sens sur l'axe d'une relation physique à leur référent. Ce sont les marques ou les traces d'une cause particulière et cette cause est la chose à laquelle ils réfèrent, l'objet qu'ils signifient. Dans la catégorie de l'index, nous pouvons placer les traces physiques (comme les empreintes de pas), les symptômes médicaux (...). Les ombres portées pourraient aussi servir de signes indiciels des objets. "Je note plus loin qu'elle approche précisémment la place accordée dans la présentation même du travail au "supplément documentaire" :
" Si nous nous demandons ce que l'art des années 1970 a à voir avec tout ceci, nous pouvons le résumer très brièvement en faisant ressortir l'omniprésence de la photo comme mode de représentation. Elle n'est pas seulement présente dans le cas évident du réalisme photographique, mais aussi dans tous ces travaux qui dépendent d'un supplément documentaire - earthworks, en particulier tels qu'ils ont évolué ces dernières années, body-art, story-art - et bien sûr dans la vidéo. Mais ce n'est pas seulement la présence accrue de la photo qui est signifiante. C'est plutôt la photo combinée aux caractères explicites de l'index. "Ce plan scanné, je le rempocherai demain pour une nouvelle série de prise de vues - la première ne me satisfait pas, et hier, partie trop tard, je suis revenue de ma seconde tentative avec des photos bien trop sombres pour être utilisées, et des séquences vidéo saccadées, mon vieux pied photo un peu grippé étant en grande partie la cause du problème - en conséquence je viens de consacrer ma journée à bricoler, combinant les éléments de deux pieds incomplets pour en former un seul, loin d'être parfait mais stable, et qui a le mérite grâce à ses deux têtes superposées (la tête du pied grippé Vivitar sur celle du pied incomplet de marque Hama - Vivitar sur Hama,

Bertrand Lavier, Brandt sur Haffner, 1984
ça pourrait être un Bertrand Lavier) de permettre toutes les rotations imaginables. Pour la solidité, je verrai sur le terrain, je croise les doigts (les deux entaillés au cours de l'assemblage de l'objet).
[ catégorie : de façade ]

gênante maintenant la baie
elle souhaitée aérienne
le rempart dégagé la position assise
rose bow, dominante de cet arc l'ennui est consacré
au bas - spectacle (on s'y dilue plongeant)
circule, pour elle passant, un flux
en zone-ruban. en demi-cylindre
ne participe pas. se loge
le guêt par des ouvertures lisses
rouge à leurs coins le pendant théatral
puisqu'enfin saynettes
nos attitudes visuelles
l'arrêt long la mutation l'extrait
hors des schémas les fixités douteuses
soient deux zones de perversion
[ catégorie : vrac ]

Marche et vélo dans les rues, air doux, le vent, temps que j'aime qui me rappelle mes marches dans le sud. Les rues se vident rapidement, moi je suis calme, des gens pressés sont certainement surpris de me voir assise sur ma selle à photographier des façades qui n'ont pas grand chose d'historique, bien que certaines.
Abordée par un homme qui me moque de photographier l'épicerie du coin, à ce qu'il croit, même si je cadre plus haut, une fenêtre ou une personne agacée de me penser épiant fait des allées et venues, poings sur les hanches, avant de se ranger plus profondémment dans son appartement à grandes baies, hors de ma vue, sans doute encore inquiète. Un clodo ensuite, revêtu d'un bonnet de père noël tranchant avec son visage fortement marqué d'ennui, les rares passants filent devant lui plus vite encore qu'à l'accoutumée, me demande des sous et me dit qu'un gars l'a photographié un peu plus tôt, que le gars le trouvait marrant paré comme ça, raconte ça sans sourire, s'est prêté au jeu, en est resté vaguement interloqué. Le sourire heureusement vient après, avec la menue monnaie et les encouragements qu'on s'envoie, moi partant à d'autres fenêtres, lui restant dans son coin, sans doute par habitude bien que ce soir la gare à laquelle il fait face ne semble plus être le lieu de croisement idéal, bientôt désertée sans doute.
Je reprends les rues plus larges, ayant entendu une cloche et supposant qu'il était sept heure, aller vite pour trouver du vin, toutes les boutiques ou presque fermées, un maraîcher du vieux marché me dépanne d'une bouteille de Bordeaux de table en même temps qu'il éponge son plan de travail.
Maintenant chauffe la tartiflette et le vin dans les veines, photos triés, celle ci-dessus prise entre deux bagnoles filant sur le boulevard de la Marne, depuis la rampe qui est un des lieux où je préfère passer à Rouen, qui de plus fait face en hauteur à bon nombre de fenêtres éclairées, que grâce au zoom de mon nouvel appareil je peux voir de plus près qu'à l'oeil nu, vent qui fouette et crée des flous dans les arbres, balade agréable, joyeuses fêtes.
[ catégorie : itinéraire-étalon ]
toujours dans les errances ai pris cliché
parmi d'autres quelques-uns peu flatteurs peu de distinction nette il s'agit de tracer
prévisions-planifier : modifications (de récent aléa)
on ne sait pas ce que deviendra le secteur le secteur est par nous quadrillé
nos allées s'y maintiennent arbitraires
d'arbitraire tour à prendre
converties par rigueur qu'on nommera : déambulatoire
- passage large de front

deux, quatre identités - on nommera déambulatoire
l'âge, la durée : quels qu'ils soient
évaluer (ras du sol - d'où je suis)
le dénivelé,
l'étendue
à même un plan - surface simple de peu d'audace
la matité du pan - correctement placée
bois, Börd un bleu simple, décorum (on pense bien qui se balade)


