des méduses aux fenêtres

Publié le par céline cel

[ catégorie : lectures ]



De la lecture du dernier livre de Philippe Vasset, Carte muette (Fayard), indiquée et conseillée à plusieurs reprises - merci Bartlebooth et Berlol -, je n'aurais que de bonnes choses à dire mais je ne pense pas m'y étendre, ayant projeté aujourd'hui (aujourd'hui est déjà bien avancé) de terminer une note commencée voilà dix jours sur Auguste Herbin, de régler les lumières et chromies des photos de l'itinéraire-étalon, pourquoi pas de faire un étant donné ou un zéro battant ainsi que, dans la foulée, m'occuper des dernières images de fenêtres prises hier soir sur les boulevards proches de chez moi. Il n'y a à peine quelques jours que j'ai débuté cette série et le hasard - décidémment toujours objectif dans mon cas -  me fait, dans le Vasset, noter un passage dont la proximité de ce qu'il évoque et de mon projet ne peut que m'encourager (la proximité du nom de Perec, également)

"   igor@truck.net et luc@igc.fr semblent, comme nous, préférer au confort du cadastre, à la ville familière comme sa propre odeur, l'inhabitable, "l'hostile, le gris, l'anonyme, le laid" (Georges Perec, Espèces d'espaces).

Et aussi le transparent, le surveillé, le contrôlé, les judas, les caméras, le digicodes et les larges baies vitrées équarquillées, la nuit, sur l'intérieur des appartements.   "

Il est difficile de rendre sur une si courte citation les changements de typographie qui font corps dans le récit avec l'alternance des modes de narration. Il m'est difficile de parler rapidement du livre de Vasset, sauf à simplement le conseiller. Et donner de manière découpée quelques petites impressions de la richesse que laisse cette lecture. Je vais plutôt arrêter là de patauger, on en parle ici, ailleurs également, pour plus il n'y a qu'à chercher, et il y a surtout à le lire. 
J'ai ouvert hier soir (et jusqu'à sa moitié) Exemplaire de démonstration, du même auteur, où je retrouve avec curiosité et plaisir la géo(logico)poésie du langage de Vasset.

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cel 25/03/2005 14:48

bonjour Céline, ma note sur Herbin est toujours en place, dans la catégorie "art, expos", mais elle est à présent en 2ème page (lien direct : http://cel.over-blog.com/article-46085.html). Merci pour ta proposition d'échanges, à vrai dire à part ce que j'ai mis dans ma note je ne sais rien d'Herbin, mais sa démarche est vraiment étonnante. Sais-tu si son "art figuratif non objectif" est consultable quelque part, ou réédité ?
ps : J'ai aperçu récemment une oeuvre de lui (ou une reproduction, ou un "à la manière de"... je n'ai pas trouvé moyen de vérifier) dans le film "Belle de jour" de Bunuel

Berchiche céline 23/03/2005 12:28

Bonjour Cél,
Je viens de découvrir ton sympathique blog en surfant au boulôt. J'aimerais savoir ce qu'est devenu ta note sur Auguste Herbin. C'est un artiste que j'aime beaucoup, j'ai réalisé ma maîtrise sur lui et depuis trois ans je continue mes recherches sur cet artiste, dirigée en cela par Serge Lemoine. Si tu veux qu'on échange sur cet artiste c'est avec plaisir.
Céline.

cel 30/12/2004 03:58

Danger du complot mondial et/ou de la parano ? certes on ne sait où irons l'internet et la surveillance s'il prennent résolumment le créneau d'aller de paire, on ne sait à quelle "qualité" peuvent aboutir les générateurs de textes... atteindront-ils le niveau (respectable ?) du roman de gare ? se cachent-t-ils déjà derrière les Carla Stringson et autres Sir John San Paolo dont les pseudonymes couvrent les couvertures de la collection Arlequin (ou la collection Le masque, pour rester dans la comedia) ?Et si on se plaçait tièdement entre les deux options...Monter sur les grands chevaux de la parano (devant un cheval de Troie ? pardon, de troy) me fait penser qu'heureusement les fictions que Philip K. Dick élaborait en les faisant hypothétiquement se dérouler, pour certaines, dans les années 80, n'ont pas eu lieu. Et que cela ne leur retire aucune saveur, ni ne retire rien de l'intérêt des mécanismes de pouvoir et de tromperie montés et analysés par l'auteur, ni de la tension qui en découle. Et que ces mécanismes fictionnels gardent également, une fois en tête, un pouvoir fort en tant que référence quant il s'agit d'observer et de craindre les agissements de certains systèmes de puissances réels.Mais la parano m'évoque aussi les frayeurs qui ont suivi l'apparition de la modélisation et de de l'animation du corps humain en images de synthèses : ces craintes exacerbées par l'engouement des médias, on criait (on le fait encore) au danger qu'allait représenter le clone d'un chef d'état à qui on pourrait "dorénavant" faire dire n'importe quoi - alors qu'on voit bien qu'il suffit d'un bon vieux sosie (ou plusieurs, je pense à l'Irak aussi bien qu'aux Malkovitch(s) du film de Spike Jonze) pour déstabiliser les systèmes de pensée, d'analyse ou de décryptage, qu'ils fonctionnent sur des connexions neuronales ou des lignes de code - et que cette méthode devait déjà se pratiquer du temps de Brutus.Le prisonnier (de la série du même nom) a vaincu la machine en lui posant la simple question "quoi ?", alors que le plus imbécile sosie d'Einstein lui aurait d'abord rétorqué de bien vouloir reformuler, avant probablement de lui rire au nez, voire de lui tirer la langue à la manière de.Je ne relis pas, j'arrête là et je valide pif paf, car s'il est tôt au pays du soleil qui se lève ici il se fait bien tard.et grand merci pour ton passage.

Berlol 30/12/2004 01:51

Cher Cel, comme je le laissais entendre chez Bailly, c'est le montage fictionnel entre grande échelle "publique" (le réseau internet ou le générateur de fiction) et activité individuelle (paria voulant faire du chantage ou concours de cartographie), les deux étant dans le secret, qui crée la tension des récits de Vasset. Danger, tout de même : on n'est pas loin du complot mondial et de la parano. Heureusement, il y a la poésie des descriptions abstraites...