T06 (Impossibilité de nommer, possibilité de référer), en cours

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ArtMent 26/06/2005 14:51

Deuxième VERT SILLON de l'"Impossibilité de nommer, possibilité de réferer" :
L' amplification de la double référence AU VERT OVAIRE , fait rEVErdir les blocs-notes de la mémoire.

ArtMent 25/06/2005 16:26

Je reviendrai dans un autre commentaire sur certaines autres "questions de fond" que notre dialogue entamé me suggère. Je veux simplement relever ici en deux mots une piste liée à notre intérêt apparemment commun concernant les processus de "bouclage" . Il est assez manifeste que la "chose" "impossible à nommer" , que nous pouvons , entre mille autres "noms" possibles , appeler ici par exemple "Pis anneau aqueux" , se trouve , sur ton "image" globale, insérée dans des boucles de référence explicitement indexées ( auto-référence ) dans l'image elle-même . Si toute la question du sexe y est bien sûr manifeste, elle l' est aussi dans le rapport à la question du "bouclage" auto-reproductif d'une "identité formelle" abstraite à travers la dérive progressive de ses variations ( "dérive" n' a ici aucun sens péjoratif , je l'entend ici au sens quasi technique de la "dérive génétique" qui fait que le patrimoine génétique d'une "espèce" , tout en assurant une identité suffisante de sa reproduction de façon à ne pas remettre en cause précisément tous les dispositifs nécessaires à sa propre auto-reproduction cyclique, explore cependant en permanence des "variations" sur ce thème qui conduisent peu à peu , par "glissement progressif" , à explorer de nouvelles zones d'interaction de ce patrimoine avec son environnement.)

De différentes façons, cette image , mise en scène du "Pis anneau aqueux" dans le bouclage possible de sa reproduction dans un "environnement", traduit aussi tout un aspect de la problématique contemporaine de la société de "consommation" et du fonctionnement des "marchés" , pas seulement économiques marchands , mais aussi tous les "marchés" qui mettent en boucle dans le "commerce communicationnel" , un espace de création - production" et l' espace d'un "public" , lecteur spectateur amateur consommateur client , etc.

D'où toute cette question des "indicateurs" ( audimat , top 10 , top 100 etc . ) de toutes sortes qui , tout au long de la boucle reproductive renseignent les "agents" qui participent à sa reproduction sur la façon dont chacun "apprécie" ou non la continuation répétitive à travers le "taux de reproduction" global ainsi maintenu ou amplifié ( la fameuse "fitness" darwinienne ).

Bien sûr cela pose aussi en particulier la question , dans le fonctionnement des blogs , comme ici, des références croisées par les quelles les réseaux de liens hypertextes se renvoient d'un blog à un autre par ces citations réciproques, renforcées par les commentaires que les auteurs peuvent faire sur le blog des autres, se renvoyant la balle ou l' "ascenseur" , contribuant ainsi à pérenniser l'auto-reproduction du réseau de blogs comme tel, alors que le "fil" propre d'un blog peut beaucoup plus facilement disparaître , par arrêt volontaire ou épuisement spontané. J'imagine ainsi aisément que le dernier Blog de Bartlebooth "enterré" le 23 juin , renaîtra facilement sous une autre forme , tout simplement parce qu'en plus de la "dynamique" interne de l'auteur, la vie continuée des autres blogs du "réseau" , conservant des traces du blog "arrêté" , en sollicitent en permanence la "renaissance".

Il est donc possible d'interpréter aussi bien l'"Inclinometre de précision" que l'actuel "Impossible à nommer" comme des "représentations" ou reflexions internes potentielles , dans l'un des filons de ton blog , du processus global de la dynamique du "réseau" des blogs. Une sorte de cellule souche embryonnaire au coeur du "Cel Ovaire" , ou "spore" possible de dissémination dans d'autres espaces culturels.

Le modèle théorique sous jacent à toute cette analyse des "boucles d'auto-replication" et de leur expansion dans un espace donné peut être rapproché de ceux de la "memetique" .

Il me semble d'ailleurs que ce n'est pas non plus un hasard si parmi les liens que tu proposes il y a des liens vers des sites de gravures , schémas ou photos liées à la biologie , comme biodidac. Ce n'est certes pas une nouveauté que les artistes puissent être fascinés par les formes auto-productives et auto-reproductives des organismes vivants, ni que la philosophie de l'art essaye de rapprocher les processus générateurs du vivant de ceux de l'oeuvre d'art , mais on sent bien , depuis que les progrès techniques de "manipulation du vivant" connaissent l'essor que l'on sait, que ces "hybridations" de la "nature" et de la "culture" vont constituer un champ d'"expériences" inédites de plus en plus fascinantes et/ou inquiétantes .

En attendant que les techniques de "génie génétique" soient rendues suffisamment accessibles , "transparentes" aux non spécialistes ( comme le sont devenues les techniques informatiques au cours des dernières décennies " ) , les artistes doivent se contenter , soit de "représenter" l'exploration de la fantasmatique correspondante sur les supports d'imagerie traditionnels , comme c'est ici le cas pour ces "dessins" isolés, soit chercher du côté de la performance impliquant le corps propre ( du type body art , Orlan etc. ) .
Une voie intermédiaire s'offre aussi aujourd'hui , du côté de la simulation informatique de la vie artificielle, de l'immersion 3D , etc.

On peut aussi considérer précisément que l"écriture expérimentale" , au sein du matériau proprement "linguistique" comme de celui de l'univers graphique iconique, en particulier dans des espaces interactifs comme la blogosphère, constituent des simulations efficaces d'une autre forme de "vie artifielle" de "formes culturelles" grouillantes , s'entre-dévorant, copulant comme des organismes vivants, inventant toutes sortes d' hybridations compatibles avec leur propre survie dans un "environnement" , "ecosystème culturel", lui-même en constante évolution , puisque constitué précisément par les multiples "espèces" culturelles qui y foisonnent.

La question du devenir de l' auto-portrait de l'"artiste" immergé dans sa propre production .
Ainsi ces apparitions subreptices dans les vitres photographiées , de "ta" sihouette , derrière le dispositif "oculiste" .
Si toute oeuvre d'un artiste peut être vue d'un certain point de vue comme une tentative d' auto-portrait , certaines sont sans doute plus fortement impliquées dans les boucles de l' auto-portraiture .

Cribas 24/06/2005 01:35

on peut discuter si tu ne dors pas..

cel 24/06/2005 01:30

Tu emplois le terme de "dispositif local", et je crois en effet que l'existence d'une aire de rapprochement, sa délimitation (même si ce n'est toujours qu'une semi-clôture, et qu'elle soit aléatoire ou volontaire), permet de jouer assez naturellement sur ces désirs de sens. On est toujours forcément dans un jeu entre (ça joue aussi dans le sens que ça baille) - entre ce que le créateur tente d'induire et ce que le spectateur est capable de recevoir, avec aussi ce que le créateur ne maîtrise pas et que le spectateur percevra, et ce avec les libertés que chacun des deux se laisse (chercher ou ne pas chercher à contrôler la chaîne de la compréhesion d'un bout à l'autre, voire simplement admettre qu'on ne peut pas / avoir une réception participative ou la vouloir contemplative...)

Pour aller vers la lecture la plus commune, la forme peut-être amenée à user de codes admis (à l'exemple de l'imagerie des médias et de la signalétique), sans forcément se limiter à vouloir donner une existence figurée à un message unique. Je touche un peu à ça dans cette image : le caractère "image illustrative, figurative", le cadre, les flèches. Ca peut faire tenir, ces codes de reconnaissance, même à un niveau de présence minimum : ça tient parce que ça ressemble par quelques points à du connu (la signature sur l'urinoir, le triangle dans les compositions de cézanne, le cadre du musée ou de la galerie, le collage sur une même page) - la forme est alors une forme acceptée ou acceptable, et possible déclencheur pour l'intérêt (hors de quoi on risqueraient de qualifier ça de juxtaposition d'éléments disparates, ou de n'importe quoi).
On sait que l'idée de forme est lâche, le simple rapprochement d'éléments disparates est générateur de sens, au moins de prises de sens très dépendantes de chaque sujet. Si un cadre de rapprochement plus élaboré peut faire basculer vers la prise d'un sens plus commun, c'est déjà en amenant simplement l'idée d'un objet "à considérer".
Je trouve que Duchamp a bien joué sur cette notion, je pense notamment a ce qu'il a fait autour de la présentation et de la "finition" : boîte en valise, boîte verte, "écrin" pour les stoppages étalon.
Je ne te réponds pas tout à fait, et sans doute à côté. Que ces remarques soient faites sur ce dessin en particulier ne me rend pas la réponse sérieuse facile, sachant à quel point je me suis à peu près tout permis ici, du côté de l'association d'idée et du peu de réflexion comme point de départ, du n'importe quoi passant par la tête sachant que la forme ferait probablement tenir, "c'est pas sérieux" avec des flèches qui suggèrent pourtant que, la comédie et le grotesque, le gland et la chair pour faciliter la dérive psychanalytique et j'en oublie...
Tout ça ne retire rien de l'intérêt que je prends à la lecture de ton commentaire, j'arrête pour le moment, en plein peu des certitudes et leurre du bouclage définitif

ArtMent 23/06/2005 21:16

La question en effet ne me semble pas tourner simplement autour des "associations" parCELlaire d'idées liées aux effets de l'inconscient ( voir ici tout le discours psychanalytique , en particulier lacanien, mais aussi tout ce qui se joue de cette question dans l'art , au moins depuis le début du XXè siècle , Dada , le surréalisme, etc. ).
Mais bien poser la question d'une quasi - unité approximative d'une "forme" , qui tout en étant composée par une sorte de collage généralisé de telles "références externes" venant en écho avec le "chaos" interne de l'inconscient, possède cependant une dynamique propre d'auto-organisation :

J'entends aussi ici ce qui se dit dans ton texte "penser les critères du dehors" concernant la "totalité-maîtresse" ou "maîtresse-totalité" qui malgré le "peu" de certitudes et le "bris-collage" déjà évoqué , fait malgré tout circuler, dans le dispositif "oeuvre" local qui s'expérimente sur le vif , quelque chose comme un "désir de sens" en construction .
Peut-on évoquer de nouveau ici la figure de la "Mariée" duchampienne qui , même si c'est d'une "quatrième dimension" , permet de "boucler" la circulation du "gaz d'éclairage" dans les dispositifs partiels prélevés du "dehors" et assemblés simplement de proche en proche par le "bris-collage" .
Qu'est-ce qui fait que "ça se tient" suffisamment, malgré le caractère aléatoire des significations partielles, pour non seulement permettre à un sujet-auteur de continuer un moment à en creuser le filon , mais
même impliquer d'autres "sujets" ( comme "moi" ici ) dans la dynamique d' affiliation d'un réseau "dénominateur commun" , ou comme dit le poeme de Mallarmé , un "compte total en formation" .

Alors bien sûr , chaque "noeud" individuel de ce réseau y trouve de quoi nourrir ses propres processus fantasmatiques plus ou moins solipsistes et "incompréhensibles" aux autres , mais précisément dans l'acceptation même de cette "inquiétante étrangeté" des dispositifs mentaux de l'intimité de l'autre , une "affiliation" comme / une se trame , même si nous savons que ce jeu des voiles-dévoilés à l'infini nous "berce d'illusions" . Pourtant , "au quotidien" , quand je lis ce qui s' écrit dans ce "Cel ovaire" , sans doute par simple "obéïssance" apparente à un "dispositif" de contraintes d'écriture ( ? ), ce "peu" des certitudes est lieu le commun qui nous réfléchit .